Izmir

Me voilà donc en Turquie depuis une bonne dizaine de jours. Après une semaine de vacances à Bodrum (en mode touriste classique) j'ai donné mes premiers vrais coups de pédales depuis mes belles semaines en Crète. C'est donc sur des routes souvent trop grandes, trop fréquentées et au goudron tellement granuleux qu'on a l'impression de ramper que je me suis frayé un chemin vers Izmir. J'ai assez rapidement cessé de me demander à combien de pourcents pouvaient bien etre les cotes qui attaquent la montagne de face et qui m'apportent pour seule satisfaction que meme les camions n'y roulent guère plus vite que moi. J'ai arreté de compter les chiens morts entassés sur le bord des routes et je me réjouis quotidiennement de voir que la sélection naturelle (motorisée) a laissé en vie ceux qui sont bien trop paresseux pour s'intéresser aux cyclistes. Mais pour l'instant mes galères sur la route sont toujours largement récompensées par la rencontre de personnes extrèmement généreuses et accueillantes.


Il y a le jeune Tolunay qui au départ ne voulait que me montrer sa petite ville (Milas) et qui m'a finalement invité à passer une nuit puis une deuxième avec lui et son père. J'y serai toujours chez moi m'a-t-on dit et je n'ai pas douté un instant de la sincérité de ces paroles. De cette première rencontre je garde de magnifiques souvenirs ainsi qu'un foulard et un drapeau de la Turquie qui décore désormais mon vélo. Puis c'était Erdogan qui m'accueillait pour deux nuits dans son appartement à Kusadasi, s'obstinant à me lancer des réflexions en turc dans l'espoir que j'en devine le contenu. Et aujourd'hui, un peu perdu sur le périf' d'Izmir sans trop savoir si j'allais trouver le centre (Une espèce d'autoroute à cinq voies) et encore moins certain de trouver un lieu pour dormir, je tombe sur un jeune cycliste qui me prend sous son aile (disons, sous sa roue). Je le suis jusque dans le centre où il bosse dans un bar avec que des vélos partout. En moins d'une heure, j'ai un thé chaud, un repas et un endroit pour passer la nuit. Au fil des discussions j'apprends qu'Ian le voyageur d'Afrique du Sud (déjà rencontré en Grèce) est parti d'ici meme ce matin. Sans trop savoir pourquoi ça me rend heureux que par une certaine magie les cyclistes se croisent si souvent et que je puisse arriver dans une ville de 4 millions d'habitants et rencontrer des gens qui connaissent une personne que je connais aussi.


Je dois désormais etre à une bonne semaine d'Istanbul sans trop savoir pour le moment quelle sera ma destination par la suite. Parfois je me sens un peu fatigué de voyager et tous les jours sur mon vélo j'étudie mes envies et les différentes possibilités pour la suite du voyage, pour l'année prochaine... Bref, j'ai l'impression de me poser beaucoup de questions en ce moment et c'est parfois plus épuisant que le rugueux goudron turc...

 

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    Le touriste (mercredi, 27 février 2013 20:33)

    tstststs... "...une semaine de vacances en mode touriste classique..." tout juste, sauf que t'as oublié de mentionner que t'as passé cette semaine avec un petit con avec qui t'as vecu et souffert ensemble pendant des années, mais avec qui t'as jamais été en vacances avant, ggrmmpff. Gümüslük mich doch mal, du auf Deinem Drahtesel! Da bleib ich doch lieber bei meinem Tülükamel! :D